Portrait #1: Stéphane de Buttet (Fr)
Emmanuel Quillet | 18 septembre 2007 | 12:37Voici le premier d’une série de portraits des acteurs du Serious Game en France et dans le monde… Aujourd’hui, rencontre avec Stéphane de Buttet de l’Agence Rhône-Alpes Numérique, fondateur et organisateur du Serious Games Sessions Europe.
Comment avez-vous découvert les Serious Games ?
“J’ai découvert les Serious Games un peu par hasard en 2004 alors que je réalisais une mission pour la région Rhône-Alpes sur la valorisation des technologies du jeu vidéo. J’ai été informé de la tenue d’une conférence aux Etats-Unis qui était en fait le tout premier Serious Games Summit. En creusant un peu, j’ai vu que cette thématique pouvait parfaitement
s’intégrer dans la mission que je menais alors, et je me suis donc rendu à ce sommet. Je crois bien que j’étais le seul français présent, d’ailleurs. Quoiqu’il en soit, j’ai, au fil des conférences, compris que je venais de mettre le doigt sur quelque chose d’important.
Le gigantesque marché du jeu vidéo permet des investissements en R&D absolument gigantesques permettant de développer des technologies (rendu 3D temps-réel, modélisation sonore, simulation physique, Intelligence Artificielle…) qui dépassent de loin ce qui peut exister par ailleurs (les entreprises qui réalisent des simulations militaires, par exemple, se fournissent aujourd’hui en technologie issues du jeu vidéo, alors qu’elles étaient très en avance il y a seulement 10 ans avec leurs propres technologies). D’autre part, la dépréciation rapide de ces technologies sur le marché permet ensuite de les réutiliser pour réaliser des applications à des prix beaucoup plus bas que ceux qui étaient pratiqués précédemment, et de toucher de fait une vaste quantité de nouveaux marchés qui n’auraient pas eu accès à ces technologies par ailleurs.”
Fort de ces constatations et des exemples concrets que je pouvais observer lors de ce premier Serious Games Summit, j’ai donc rencontré Ben Sawyer, à l’origine de l’initiative Serious Games américaine, pour lui proposer de relayer le concept en Europe. Il a accepté bien volontiers et nous a aidés à réaliser notre premier évènement qui s’est tenu à Lyon en décembre 2005. Depuis, l’évènement connaît un succès croissant et tiendra sa 3ème édition le 3 décembre prochain à Lyon. J’en finalise d’ailleurs actuellement le programme.”
Quelle est votre implication dans ce secteur aujourd’hui ?
“Aujourd’hui, je travaille toujours au sein de l’Agence Rhône-Alpes Numérique, mais dans le cadre d’une action plus spécifique aux Serious Games. Mon rôle consiste à évangéliser les donneurs d’ordre potentiels (entreprises, industriels, administrations…) pour leur faire comprendre les nombreux avantages qu’ils auront à utiliser des Serious Games, mais aussi à informer les studios de jeux sur les opportunités de ce nouveau marché. J’effectue également un travail de conseil et de suivi des projets Serious Games que nous montons en Rhône-Alpes.”

